LE PROJET MARAJO
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- En Amazonie Brésilienne -
- Lettre de nouvelle, octobre 2010.

Suite à deux voyages effectués dans le cadre de missions d'évangélisation avec des jeunes des Maisons du Pain de Vie et d'autres Communautés, Pascal Pingault est reparti en Août 2007 avec 6 jeunes professionnels français (architectes, urbaniste, ingénieur, juristes) pour envisager concrètement comment aider les populations de l'Ile de Marajo.

A l'arrivée à Belém, capitale du Para, on plonge déjà dans la luxuriante végétation tropicale de l'Amazonie. La pluie tiède et régulière rythme l'activité de la ville. On découvre que ce grand port a été marqué par le passage ambitieux des colons Anglais, français et hollandais.

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Canon colonial. Cathédrale de Belém.

De Belém, on ne peut se rendre qu'en bateau sur l'Ile de Marajo, la plus grande île fluviale du monde située à l'embouchure du fleuve Amazone, le plus puissant de la planète. L'Amazone est immense, 6 à 10 km de large à certains endroits, elle peut atteindre jusqu'à 40 Km ! (Côté Océan Atlantique le détroit de Gibraltar ne compte que 15 km !)

L'Amazonie est un pays d'abondance. Les ressources naturelles y sont nombreuses que l'on peut voir exposées au célèbre marché Ver-o-peso prés du vieux port: fruits, poissons, herbes médicinales, très recherchées aujourd'hui par les grands groupes pharmaceutiques.

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Plantes médicinales au marché de Vero-o-Peso. Ananas.

Après l'époque du caoutchouc qui a fait la gloire de Belém, c'est le bois aux espèces si variées et si performantes qui est la principale ressource aujourd'hui au détriment de la forêt. Mais le défrichage pour le développement de l'élevage bovin et des plantations de Soja est également la raison de la disparition dramatique de la forêt.

Le pillage de la forêt, commencé par les colons se poursuit de nos jours, principalement au profit de groupes nord-américains et européens qui agissent de connivence avec les couches sociales les plus riches ou les plus influentes du pays. Inégalement répartie cette manne financière ne touche pas les classes pauvres exploitées sous une forme moderne d'esclavage économique. Pour beaucoup la pauvreté devient misère. Ce grand cargo qui emporte vers l'Europe d'énormes grumes de bois participant ainsi à la création du désert en Amazonie s'appelle curieusement l'Oasis !!!

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Petit bateau transportant du bois. Cargo d'importation de grumes de bois.

Un autre exemple qui explique le mécanisme de la pauvreté dans ce pays si riche :

  • Le palmier, cet arbre connu et exploité industriellement pour le cœur de palmier (palmito,) et déjà exporté vers les pays européens, produit aussi un fruit, l'açaï, très apprécié des amazoniens pour sa chair dont ils tirent notamment un jus très riche au plan nutritionnel. Ce fruit est depuis peu exporté massivement , en conséquence il a vu son prix multiplié par sept, ce qui rend la consommation de cet aliment de base impossible pour la population à certaines saisons. On le vend maintenant avec le certificat AB (Agriculture bio) sur internet...
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    Le jus d'açaï. Usine de palmito.

    Ainsi, la population chassée de la forêt par la pauvreté, la surexploitation et la déforestation se concentre aux abords des villes, dans des zones marécageuses et insalubres. Pascal Pingault et son équipe ont très vite observé la nécessité pressante d'un assainissement de ces zones par un drainage, un remblayage et un système d'évacuation des eaux usées.

    Plusieurs facteurs contribuent à cette situation dans le quartier de Santa Cruz, à Brèves, ou l'équipe a réalisé ses observations : le quartier est situé dans une zone basse de la ville et reçoit parfois les eaux usées des quartiers riches situés plus haut ; la marée montante pénètre dans les quartiers par les rios et iguarapés laissant en se retirant de nombreux détritus ; la saison des pluies aggrave la situation.

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    Eau stagnante, sous une maison. Marée montante laissant les détritus.

    Fort heureusement la construction en bois de l'habitat se fait sur pilotis. Les habitants se déplacent sur des pontons reliant les maisons entre elles. Mais beaucoup d'activités quotidiennes se passent dans l'eau (lessive, toilettes). Les latrines sont elles aussi perchées sur pilotis, les déjections tombent donc directement dans l'eau qui véhicule des maladies (diarrhées, vers...).

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    Nettoyage du vélo. Lessive.
     

    LES PHASES DU PROJET D'AMÉNAGEMENT
    1ère Phase : Réalisée en Août 2007 sur fonds individuels

    Chaque personne a autofinancé son voyage.

    En collaboration avec les partenaires locaux qui se sont montrés très réceptifs, nous avons défini les objectifs suivants :

  • remblayage des zones d'habitation
  • mise en place d'un système d'évacuation des eaux usées
  • rénovation des pontons
  • assèchement par le creusement ou la rénovation de canaux de drainage
  • construction d'un barrage pour stopper la remontée des eaux à marée montante
  • sensibilisation des foyers aux risques liés à l'eau.
  • Pour réaliser ces objectifs, il est essentiel d'adopter des techniques des pratiques préexistantes et adaptées localement. En effet, la population et la ville ont réalisé ponctuellement dans les quartiers quelques travaux comme des pontons, des canaux, du remblayage. Le manque de systématisation et d'entretien, ajouté à l'absence d'un barrage pour arrêter la marée montante, n'a pas permis pour l'instant d'arriver à une effacité suffisante. Perfectionner et systématiser ces techniques permettra d'obtenir une solution accessible à la communauté et, pour cette raison, viable sur le long terme.

    Par exemple, des remblais en pente seront réalisés sous les maisons et drainés par des rigoles périphériques renforcées par des bordures en bois donnant sur les canaux collectifs. Le réseau ainsi constitué, grâce à des techniques simples et de coût réduit, permettra l'évacuation des eaux stagnantes.

    Les partenariats locaux sont indispensables pour le succès d'un tel projet. Durant la mission d'évaluation, l'équipe a déjà eu contact avec les partenaires suivants :

  • La mairie a donné son accord pour le projet. Un ingénieur de la ville a validé nos propositions, notamment pour la construction du barrage. La ville fournira et transportera une partie des matières premières (terre, sable) et participera à l'évacuation des déchets. Si nécessaire, elle sera aussi en mesure de fournir la main d'oeuvre qualifiée pour les travaux les plus techniques.
  • Les agents du poste de santé le plus proche ont été contactés. Ils disposent déjà de l'organisation nécessaire pour visiter les maisons et conduire des actions de prévention, jouant le rôle d'intermédiaires entre le projet et les habitants. Des fiches pédagogiques seront réalisées dès le début de la seconde phase.
  • Certaines entreprises fournissent déjà de la sciure pour les remblais à la population. Il serait possible d'obtenir aussi le transport de ce matériel en leur achetant le bois nécessaire pour les travaux. La plus grande de ces entreprises a déjà été contactée.
  • Les communautés de base de l'Eglise catholique ont accepté d'aider à la diffusion de l'information.
  • 2ème Phase : le projet pilote en préparation

    Des que possible en 2008, le projet pilote, avec quatre personnes sur une durée d'un mois et demi verra la mobilisation d'un nombre limité de familles autour de ces objectifs. Cette deuxième phase permettra d'établir définitivement les partenariats et d'améliorer la méthode appliquée. Les premiers travaux seront réalisés dans les maisons des familles ayant les plus grands besoins. Avec l'aide d'un ou deux ouvriers et des familles elles-mêmes, les travaux nécessaires seront réalisés. En participant aux travaux, les familles acquerront la maîtrise des techniques perfectionnées de construction et d'entretien.

    Nous insistons sur l'appropriation du projet par la population. La mobilisation de la communauté sera en effet indispensable à la réalisation des travaux, au succès de la sensibilisation aux questions de santé et, surtout, à la pérennité du projet.

    Budget prévu du projet pilote : 13 000 Euros

    3ème Phase :

    Après la réalisation de cette deuxième phase, deux coordinateurs, choisis si possible dans l'équipe qui a participé à l'identification des besoins, seront chargés, durant 18 mois, de la réalisation, du suivi des travaux et de l'évaluation finale.

    Budget prévu : 69 500 Euros

    4ème Phase :

    En fin de projet, une évaluation détaillée du projet sera essentielle pour étendre l'expérience à d'autres quartiers ou villes nécessitant une intervention similaire. Pour cela, l'équipe réalisera un document détaillé et accessible comprenant les techniques et la méthodologie générale. Ce document est un objectif en soi de ce projet. Il comportera les fiches pratiques permettant la réalisation des différentes interventions techniques et de prévention sur les questions de santé.

    Ainsi ce travail effectué par l'équipe est conçu pour que la population prenne une part active à cette réalisation qui nous a paru une urgence avant tout autre projet de développement. Et par ce biais il pourra s'étendre à d'autres villages ou d'autres régions dans la même situation.

    ©P.Pingault
    Quartier de Santa Cruz.
    Projet Marajo
    9 Place Verte .59300.Valenciennes.France
    projet_marajo@yahoo.fr

    Tel : 0603796250

    Si vous souhaitez collaborer à ce projet merci d'envoyer à l'adresse ci-dessus un chèque libellé à l'ordre de :
    AFICPV Fondation en écrivant " Amazonie " au dos du chèque.