26-09-2017
 
 
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LA FIN D'UN MYSTÈRE (EXTRAIT)

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Aimer son prochain comme soi-même : au fond, il n'y a pas de secret dans le Christianisme.

Bien des religions du passé ont entouré leurs dieux d'une aura de mystère, conférant à leurs prêtres des pouvoirs démesurés. à en juger le succès planétaire du roman de Dan Brown, le Da Vinci Code, le mystère avec ses rites, ses initiations, ses sociétés secrètes, reste une recette gagnante.

Au fond de ce goût pour l'inconnu se cache sans doute une réalité bien plus terre-à-terre : la volonté craintive d'échapper au trop « connu », le poids de la vie avec ses fardeaux pesants, ses souffrances si nombreuses et l'issue finale si prévisible.

Le message chrétien nous entraîne sur une voie fort différente. à l'inverse de cette aura de mystère avec laquelle joue Dan Brown, le Christ ne masque rien : il révèle un Amour capable de nourrir une vie forte qui endure les controverses, renverse les obstacles, traverse les ravins de la mort pour s'ouvrir sur la vie éternelle. Comme l'illustre si bien l'icône de la Résurrection, le Christ nous tire de l'ombre à la Lumière.

Pour qui veut comprendre, nous avons dans la vie de Jésus de Nazareth l'énoncé d'une révélation surprenante : c'est dans notre faiblesse que Dieu peut se glorifier. Ce mystère du Christ -révélé aux pauvres et aux petits- reste caché aux yeux des sages et des puissants. Mais quelle force de changement il contient, pour qui s'en saisit !

La faiblesse, aux yeux du monde, peut devenir un bras de levier au pouvoir transformant aux yeux de Dieu. C'est ce que j'ai pu faire comprendre à un groupe de punks, il y a une quinzaine d'années. Un soir, dans l'ancien séminaire que nous occupions avec mes frères et sœurs du Pain de Vie, je me suis retrouvé devant huit jeunes costauds complètement éméchés qui avaient décidé d'en découdre avec des Chrétiens. Je leur ai dit de partir mais j'ai bien senti qu'ils voulaient se battre. Je leur ai donc proposé de me casser la gueule... parce que les marginaux que nous hébergions commençaient à sortir de leurs chambres : ce n'était pas des anges... je redoutais un carnage ! J'ai donc pressé les punks d'achever leur besogne sur moi. Je me suis écroulé, le pied cassé, et ils sont partis sans demander leur reste. à l'hôpital, on m'a mis un plâtre.

Quelques jours plus tard, des jeunes nous ont volé une voiture qu'ils ont emboutie dans un arbre. La police en a pincé deux, et les policiers me pressaient de porter plainte contre ces « irrécupérables ». J'ai refusé en exigeant que ces jeunes viennent me voir. L'un des deux est arrivé, encadré par les policiers. Je l'interpelle : « Tu es révolté, tu as un problème avec la société ? Moi aussi, et ça fait longtemps ! » Le nez baissé, il ne disait mot. « Je vais bientôt partir chez les lépreux au Niger, tu viens avec moi et on va changer un peu le monde autour de nous. Qu'est-ce qui est le plus fort ? Mon pied cassé ou ta botte ferraillée de punk ? » Il a compris quelque chose : Ce qui est faible, ce qui est souffrant, voilà ce qui est fort. Peu de temps après, il est venu couler une rampe en béton pour monter les fauteuils roulants d'un grand rassemblement avec des handicapés : il était maçon de métier.

Souffrances et faiblesses, avec l'aide de Jésus, sont capables de renverser les forts.

La souffrance n'est pas un pêché, la faiblesse n'est pas une honte. Elles sont un héritage de la chute, mais le Christ nous révèle que mêlées à celles de sa Passion, elles servent à la rédemption de tous les hommes. Le Christ associe la souffrance des innocents à la sienne, même celle des non-chrétiens.

Qui sommes-nous ? Cette question alimente tant et tant de quêtes, jusqu'au nombrilisme ! Nous existons dans une rencontre, un face à face. Le « je » a besoin d'un autre « je » pour se recevoir, se définir, se connaître. Devant le fils incarné, le fils fait Pain Vivant, nous devenons davantage nous-même. Est-ce si mystérieux ? Le message court à travers le Nouveau Testament : Dieu veut simplement nous recréer à son image, nous restituer la ressemblance, nous faire redevenir fils avec le Fils. Devenir transparent à la lumière du Christ nous fait perdre l'opacité mystérieuse dans laquelle nous cachons nos vies. Mais le voulons-nous vraiment ? Depuis l'Eden perdu, nous avons si peur d'être mis à nu...

Les pauvres, les gens blessés viennent volontiers à l'adoration du Saint Sacrement, se livrer à sa Présence. « Le Maître est là et Il t'appelle... ». Combien de guérisons dans le silence des églises et des chapelles...

Un jour, une jeune fille rentre dans le refectoire de notre communauté. Une jeune fille très belle mais déguisée en « bonne soeur” avec un foulard sur la tête, une robe droite. « Pourquoi t'es-tu déguisée ? », lui dis-je, agacé. Au repas de midi, je vois la fille avec ses longs cheveux bouclés, une jupe bien courte... Au moment de la vaisselle, je l'observe de loin tourner autour des gars, les barbus, les tatoués. Je me suis dit : « ça va être une catastrophe, j'aurais mieux fait de me taire ! ». Puis j'en vois un, un vrai gars bien barbu, qui prend un torchon à vaisselle et qui lui dit : « Bon allez, prends ça et fais quelque chose au lieu de tourner comme ça... ». Le soir, à la prière, nous faisons la liste d'adoration pour les 24 heures suivantes : j'entends la jeune femme qui donne son nom pour 2h du matin ! [...] ©EQm

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©M.H.Parant
 
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