26-09-2017
 
 
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LOUÉE SOIS-TU, NOTRE SŒUR LA MORT... (EXTRAIT)

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Trois cancers en cinq ans : Sandrine parcours un chemin où se mêlent la rage de vivre et la passion d'aimer. Témoignage.

En Quête : Sandrine, la maladie t'a-t-elle rendue plus humaine ?
Sandrine
 : Complètement. Déjà, la souffrance me confronte à ma propre limite. Quand je suis cramponnée plusieurs jours au fond de mon lit, l'épuisement corporel m'enseigne la vulnérabilité. C'est une vraie leçon d'humilité : on réalise qu'on ne peut s'enorgueillir de rien. Mais ce qui m'émerveille, c'est que tout en nous découvrant/dévoilant serait plus clair notre fragilité, la maladie nous révèle un extraordinaire potentiel de vie intérieure. La force de l'Esprit qui est là et qui demeure bien vivant. C'est ce mystère profondément humain où corps et âme ne font qu'un. C'est l'humain dans sa condition corporelle et spirituelle.

EQM : La maladie t'a donc fait grandir ?
Sandrine
 : Oh ! oui... C'est prodigieux. C'est un chemin éprouvant mais qui me conduit à saisir l'essentiel, à vivre chaque jour comme si c'était le dernier. Avoir trois cancers en cinq ans, dans la trentaine, c'est rude. Je pourrais légitimement me révolter et dire au Christ : « écoute, chaque fois que j'ai voulu m'engager pour toi, il y a eu un cancer ! » Mais, quand je dis ça, c'est le « je » qui vient en premier. J'aurais certes pu faire en cinq ans beaucoup de choses pour le Christ. Mais la maladie m'a laissé l'occasion de laisser le Christ faire beaucoup de choses en moi. C'est ça qui portera du fruit, véritable et abondant...
Intérieurement, j'ai donc changé. En me centrant sur le Christ, la maladie m'a réappris l'importance des relations humaines. On ne peut pas vivre seul, on n'est pas fait pour ça. La maladie m'a remis en lumière la splendeur de la dignité de chaque personne, la beauté, l'unicité de chacun.

EQM : Comment la prière te soutient-elle ? C'est une énergie fantastique ? Ce sont des moments de transports mystiques ?
Sandrine
 : (Rires). Non, non. Pas du tout. C'est très concret. C'est le silence. Le silence-présence. Il n'y a pas d'emportement, il n'y a pas d'élan mystique. Simplement ce silence extraordinairement Présence, de manière indescriptible.
Ma prière est toute simple : j'ouvre la Parole de Dieu. Chaque jour, la liturgie de l'église nous offre un trésor à travers les textes de l'Ancien Testament, les psaumes, l'évangile. Je reçois ce que Dieu m'offre pour mon quotidien. Juste ce qu'il faut aujourd'hui. Demain, on verra.
Le psaume de la messe m'inspire particulièrement. J'y trouve à la fois les cris de détresse et cette prodigieuse louange. Le psalmiste met les mots sur ma colère parce que, quand même, la maladie reste une expérience assez rude. On n'a pas envie de mourir. Puis, dans ce même élan de prière, le psalmiste finit par retourner son cœur et rendre grâce à Dieu. Il le bénit. C'est ce « je t'aime » du psalmiste qui m'aide à porter la louange malgré tout.
En retour de cet Amour de Dieu dans ma vie, je m'efforce moi aussi d'être présence à Dieu. Particulièrement pendant la chimiothérapie et les lendemains de chimio où je suis cramponnée au lit, incapable de rien faire : ma prière, c'est d'être présente à Dieu à travers les psaumes : juste être là, au lieu de faire. J'avoue que de toute façon je n'arrive plus à rien faire. « Fais Seigneur ce que je désirerais tant que tu fasses pour un tel, pour une telle... »

EQM : Comment cela se passe concrètement, tes traitements ?
Sandrine
 : En général, je vais à l'hôpital deux mercredis par mois. J'ai une perfusion qui dure une heure et demie. On m'injecte le produit, qui est un véritable poison parce qu'il fait des ravages dans tout l'organisme -le but est de détruire les cellules, mais il rend en même temps les veines très sensibles. Il attaque aussi le foie : c'est pour ça qu'on a des nausées, parce que le foie se prend une dose de poison et dit au cerveau : « Hé bip ! On nous empoisonne ». Et le cerveau renvoie un message qui dit : « Hé, on arrête la digestion ». Le corps, c'est ça qui est extraordinaire, refuse le poison. Donc, il réagit de manière très positive. La nausée, c'est ça : « On arrête tout ». Cet effet de nausée est là par vagues successives, au plus fort ça peut aller au vomissement. Pour ma part, je suis très mal pendant cinq jours.
Après, on me donne une piqûre pour « booster » la production de cellules, parce que la chimio fait chuter les globules blancs et les globules rouges.
Je suis réellement en état de léthargie pendant quelques jours. Un épuisement, plus de force dans les jambes, faible, plus que faible : épuisée. C'est une sensation de très grande vulnérabilité.

EQM : Pour inverser la réaction du corps, il faut que tu te décides à faire chaque chimio. C'est tout un processus...
Sandrine
 : Oui, Comme ce cancer est un mal, je vais essayer de le combattre. [...] ©EQm

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©Sandrine
Sandrine.
©L.F.
 

Alain Mongeau est prêtre dans la paroisse St-Louis de France et St-Jean-Baptiste, à Montréal. Il anime la Bande FM, une école de la foi pour de jeunes adultes qu'il a initié il y a une dizaine d'année avec Sandrine.

 
 
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