26-09-2017
 
 
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LA SCIENCE NE MOURRA PAS

La science est la championne de l'erreur. Elle avance pourtant, preuve à l'appui.

« Un homme qui a cessé d'être curieux est comme mort ». La citation, que l'on attribue à Albert Einstein, résume une grande vérité humaine : nous ne pouvons réprimer notre soif de connaissance...

Quelle est la longueur d'un cercle d'un mètre de diamètre ? Cette question a été parmi les premières interrogations scientifiques. C'était il y a 5 000 ans : la géométrie faisait ses premiers pas, avant même les premières traces de l'écriture. Beaucoup plus tard, au 18e siècle, les hommes se sont questionnés sur la façon dont les pommes tombent des arbres (Newton). Aujourd'hui, les scientifiques scrutent davantage des questions du type : « Quelle est l'utilité de la protéine HMGB1 dans l'organisme humain ? » Nous vivons à l'ère génétique.

Il est difficile d'imaginer quel sera le prochain territoire que la science explorera. Mais sa méthode de travail sera semblable à celle d'aujourd'hui. Les chercheurs continueront d'échafauder des théories et de les confronter avec des expériences concrètes. De théories en vérifications, la science progresse pas à pas.

« La science, reine du raisonnement, est constamment dans l'erreur », écrit le physicien français Michel Malherbe, auteur de plusieurs livres consacrés aux liens entre la science et la foi. « Entendons-nous : les chercheurs trouvent les meilleures explications possibles pour l'époque qu'ils traversent. Mais ils savent que leurs réponses seront obsolètes demain. Ainsi, on pensait que la terre était plate, on s'est aperçu un jour qu'elle était ronde ». Née au 18e siècle, la théorie de Newton sur la gravitation a laissé sa place au 20e siècle à la relativité d'Einstein, qui cèdera sûrement la sienne à une théorie plus fine encore, capable de relier les lois de l'infiniment petit (la physique quantique et les atomes) à celles de l'infiniment grand (le cosmos). On passe ainsi d'une théorie à une autre souvent plus complexe, qui résout certains mystères et pose de nouvelles questions.

C'est aussi parce qu'elle est intrinsèquement imparfaite, et parfois fille du hasard, que la science existera toujours. Qu'on pense, pour s'en convaincre, à la manière dont Henri Becquerel a découvert la radioactivité, en 1896. Un matin, il décide de ranger à l'abri de la lumière des sels d'uranium posés sur une plaque photographique, en vue d'une expérience future. Quelques jours plus tard, Becquerel s'aperçoit que l'uranium a impressionné la plaque photographique, malgré la noirceur du tiroir où il l'a entreposé. Par quel rayonnement ? On sait depuis l'impact de la radioactivité sur notre monde. « Les surprises et les tâtonnements jalonnent la vie d'un chercheur et c'est eux qui le font progresser », affirme Michel Malherbe.

Régulièrement, des chercheurs sont certains d'avoir compris le fonctionnement du monde : il n'y a plus rien à découvrir. C'est l'impression qu'on a pu avoir avec la théorie du Big Bang, la plus aboutie à ce jour pour expliquer les débuts de l'univers : une explosion dans le néant aurait créé le cosmos. La question d'avant le Big Bang ne peut se poser puisque le temps est apparu avec l'univers. La théorie échafaudée par les scientifiques atteint ainsi les limites de notre esprit trop étriqué. Certains disent qu'on a trouvé l'explication ultime de la naissance de l'univers. Mais la plupart des physiciens pensent qu'un génie pourra un jour imaginer une théorie plus satisfaisante encore que celle du Big Bang (voir l'entrevue).

Les « progrès » récents de la génétique nous questionnent, pour leur part, du côté de l'éthique. La réussite imminente du clonage apparaît comme une menace pour l'humanité. Cette perspective relance une question souvent posée : devrions-nous arrêter la quête scientifique au vu des dangers qu'elle provoque ? Inquiet des risques que certaines applications des découvertes génétiques nous font courir, le biologiste Jacques Testard, père du premier bébé éprouvette français, a tourné le dos aux manipulations de l'ADN humain. La plupart de ses confrères ont fait le choix inverse. Parce qu'ils ne peuvent réprimer leur envie d'avancer ou parce qu'ils croient que les bienfaits potentiels de la génétique surpassent les risques. Car au fond, en elle-même la science n'est rien. C'est seulement entre nos mains que ses applications peuvent pencher vers le Bien ou le Mal. Une hypothèse presque aussi vieille que la Bible, et maintes fois vérifiée... » ©EQm

 
 

Isabelle Cuchet a longtemps œuvré comme journaliste scientifique, notamment pour le magazine Québec Science et au Courrier International. Elle est aujourd'hui rédactrice en chef adjointe du magazine Enfants Québec.

 
 

TROIS GRANDS MYSTÈRES
De quoi l'Univers est-il fait ?
La matière ordinaire qui forme les étoiles et les galaxies représente moins de 5% de tout ce qui existe. Cela signifie que 95% de la masse de l'univers serait constitué d'une matière invisible, qu'on appelle la matière « sombre ». Mais quelle est sa nature ?
Le réchauffement climatique ?
L'humanité émet de plus en plus de CO2 dans l'air. Cette accumulation de gaz dans l'atmosphère change notre climat. Jusqu'à quel point ? Cela peut-il réellement menacer l'espèce humaine ? Et comment s'adapter à ces changements que l'espèce humaine engendre elle-même, au moins en partie ?
Les bases biologiques de la conscience
Tout ce qui se produit dans notre esprit est censé résulter de processus cérébraux. On en ignore aujourd'hui à peu près tout.
 

 
 
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