22-11-2017
 
 
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LE PETIT PRINTEMPS DE TAIZÉ

On passe à Taizé comme on passe près d'une source...

« On passe à Taizé comme on passe près d'une source. Le voyageur s'arrête, se désaltère et continue sa route. » En visitant la communauté de Taizé, le 5 octobre 1986, le pape Jean-Paul II manifeste une réelle affection et un solide appui pour la petite communauté et son fondateur, Roger Schultz, dont il a toujours été proche.

C'est durant la seconde guerre mondiale que le frère Roger a fondé sa communauté. Suisse, d'origine protestante, il prépare alors la création d'une communauté monastique, tout en cachant des réfugiés politiques dans la France occupée. Il doit repartir pour éviter l'arrestation mais revient dès la fin de la guerre pour chercher à ouvrir des chemins de réconciliation entre Chrétiens mais aussi entre les peuples et les religions du monde.

Dans une vie d'une réelle simplicité, une centaine de frères protestants et catholiques de tous les continents du monde ont répondu à cet appel de devenir une « Parabole de Communion », un lieu où chaque jour on essaye de se réconcilier.

Depuis les années 1950, des centaines de milliers de jeunes affluent vers la Colline de Taizé, en Bourgogne. Pour leur faire une place, Taizé a refondu sa liturgie monastique et créé les chants de Taizé, connus dans le monde entier. « Mon souhait est que le Seigneur vous garde comme un printemps qui éclate et qu'il vous garde petits, dans la joie évangélique et la transparence de l'amour fraternel », disait Jean-Paul II lors de son passage, qui a vraiment permis à Taizé à conserver la place particulière qu'occupe cette communauté.

Proche de toutes les Églises sans en être d'aucune, Taizé est devenu un véritable symbole pour les Chrétiens. En août dernier, son fondateur, le frère Roger, était tué de plusieurs coups de couteau en pleine prière du soir, par une femme déséquilibrée, au milieu de milliers de jeunes rassemblés dans l'Église de la Réconciliation. Il avait 90 ans. « Elle coûte aux yeux de Dieu, la mort de ses amis, disait un des plus anciens frères de la Communauté, le soir-même de la mort de frère Roger. À la violence, nous ne pouvons réagir que par la paix. Frère Roger n'a cessé d'insister là-dessus. La paix demande un engagement de tout l'être, à l'intérieur de nous et à l'extérieur. Elle réclame toute notre personne pour que chacun de nous reste dans l'espérance. » ©EQm

L.F. et P.P. ©EQm
 
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