22-11-2017
 
 
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VA OÙ TON CŒUR TE MÈNE (EXTRAIT)

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Un voyage pour rentrer chez moi... et me voici moine bouddhiste !

Je suis devenue « officiellement » bouddhiste le 12 juin 1989. C'était l'aboutissement d'un cheminement commencé quelques années avant, lors d'une période difficile de ma vie. Je m'étais alors repliée sur moi-même pour réfléchir au sens de ma vie. Je sortais peu, je voyais peu de gens et je lisais beaucoup.

Quelquefois, lire est une expérience fascinante. C'est comme si on entrait dans un labyrinthe. Nous ouvrons une porte pour pénétrer dans un nouvel espace. De là, nous franchissons une autre porte, puis une autre et une autre sans trop savoir où cela nous mène. Mais quelques années plus tard, notre vie en est radicalement transformée. En 1984, quand j'ai choisi le Journal de voyage d'Alexandra David-Néel, à la bibliothèque de mon quartier, je ne savais pas que j'amorçais mon propre voyage, une aventure qui allait me mener au bouddhisme, puis à la vie monastique.

Née dans la deuxième moitié du 19e siècle et morte en 1968, à l'âge de 101 ans, Alexandra David-Néel était une femme exceptionnelle. Sa devise était « va où ton cœur te mène ». À une époque où les femmes étaient privées de droits et de liberté, elle a assouvi sa passion de l'exploration et poursuivi sa quête spirituelle en sillonnant l'Inde, le Japon, la Chine et le Tibet pendant de nombreuses années, très souvent à pied ou à dos de yak, en compagnie de son fils adoptif tibétain, Lama Yongden.

Ses récits de voyage sont passionnants et je me rappelle les avoir « dévorés » l'un après l'autre. Ce sont eux qui ont aiguisé ma curiosité envers le bouddhisme. Mon raisonnement était simple : je me disais que si cette femme intelligente et audacieuse s'intéressait aux enseignements du Bouddha, il valait peut-être la peine que j'y jette un coup d'œil moi aussi.

C'est ce que je j'ai fait et, dès mes premières lectures, j'ai eu le sentiment de rentrer enfin chez moi. Le message du Bouddha m'est allé droit au cœur : Nous voulons tous être heureux mais comme nous nous y prenons vraiment mal, nous souffrons et nous sommes une cause de souffrance pour les autres. Il en est ainsi parce que nous avons « oublié » qui nous sommes vraiment. Nous cherchons le bonheur là où il n'est pas – à l'extérieur de nous – et, de vie en vie, nous demeurons de perpétuels insatisfaits. La bonne nouvelle c'est qu'il est possible de dissiper notre ignorance et d'apprécier notre vie - ici et maintenant. Nous pouvons nous sauver nous-mêmes de nous-mêmes. Nous pouvons nous libérer de notre auto-absorption chronique, partager notre richesse avec les autres et même porter remède à la souffrance du monde. Voilà ce que dit Boudha, en quelques lignes.

J'ai lu beaucoup et réfléchi longtemps avant de m'engager « pour de vrai ». Puis, en 1988, j'ai fait la connaissance d'un autre livre qui allait changer ma vie : Le mythe de la liberté de Chögyam Trungpa Rinpoché. Cette fois, ce fut un véritable coup de foudre et, un an plus tard, je me rendais au Centre Shambhala de Montréal – fondé par ce grand maître contemporain. Quelques mois après, je devenais bouddhiste. J'avais 42 ans. [...] ©EQm

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©Ani Lodrö Palmo
Ani Lodrö Palmo
©Jon Steiner
 
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