26-09-2017
 
 
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BILLET : L'INESPÉRÉ

Couché dans le sable, les doigts de pieds vers le ciel et le corps brûlé de soleil : nos sociétés associent aujourd'hui le voyage aux clichés des posters ensoleillés - destinations Sud. Le « bonheur », farniente. Le vrai sens du voyage n'a pourtant rien à voir avec cette image d'un repos mérité, forgée par quelques décennies de congés payés.

Pendant des millénaires, partir a représenté un risque, une aventure et une chance. En tout cas, pas un repos.

Pour des générations, voyager a surtout rimé avec dangers : chercher des vivres qui manquent et un toit sûr, sauver sa liberté ou sa vie… Encore aujourd'hui, pour ceux qui n'ont plus rien à perdre, l'expédition vécue dans l'urgence prend souvent des allures de quitte ou double.

Partir, c'est en même temps laisser ses repères. L'aventure, adventura, c'est s'ouvrir à ce qui peut venir ou survenir, ce qui est déroutant... Mais que de tâtonnements avant de pouvoir, sans trop se tromper, juger de la bienveillance de ceux que l'on croise, décoder les langages et les gestes, déjouer les pièges de nos peurs ou ceux de la route...

Voyager est pourtant une chance. C'est celle qu'a prise l'Humanité en quittant, il y a fort longtemps les savanes africaines (parions qu'une fois encore nécessité faisait loi...) Comme la figure d'Abraham, parti sans savoir où Dieu le menait, nous avons tout appris et tout reçu au fil de cette longue marche.

Ceux qui ont conservé en eux la flamme de l'esprit nomade l'ont bien saisi : l'essentiel n'est pas d'arriver. Le cœur du voyage, c'est la route elle-même, avec ce qu'elle comporte de découvertes et de rencontres. Des vies que l'on apprend à aimer, des cultures que l'on découvre, une espérance, que l'on veut partager. Et parfois aussi l'Inespéré, qui surgit, là où on l'attend le moins. ©EQm

L.F. ©EQm
Rédacteur en chef
 
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