26-09-2017
 
 
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DU CŒUR AUX CHIFFRES (EXTRAIT)

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Plus de 800 patrons font de leur entreprise un laboratoire pour l'économie de communion.

C'est au Brésil, en 1991, que Chiara Lubich, a eu l'idée de « l'économie de communion ». La fondatrice des Focolari, un mouvement qui touche des centaines de milliers de chrétiens dans le monde, est frappée par la pauvreté des bidonvilles. « Comment remédier à cette situation ? » se demande-t-elle. Elle a alors une intuition : pourquoi ne pas créer des entreprises qui diviseraient leurs bénéfices en trois : une part pour leur développement; une autre pour diffuser la culture du don ; et une troisième pour partager avec les plus pauvres ?

Dans la « Cité-pilote » des Focolari, en banlieue de Sao Paulo, des Brésiliens vivent déjà l'expérience d'une micro-société centrée sur la recherche de l'unité. Issus tant des milieux aisés que des favelas, ces habitants partagent ce qu'ils peuvent pour que les plus démunis ne manquent pas du nécessaire. C'est la « communion des biens », un souci concret de l'autre que chacun peut vivre, même le plus pauvre.

C'est parmi eux que Chiara Lubich propose l'économie de communion. La réponse des entrepreneurs est immédiate. Plusieurs veulent y transférer leurs activités. Une personne qui avait un savoir-faire dans la couture décide d'y monter une entreprise de confection. Le jour même, un lot de machines à coudre est trouvé. Des femmes sont formées et l'entreprise « La Tunique » est lancée. C'est devenu une marque réputée dans les belles boutiques de la région.

L'expérience au Brésil s'est propagée rapidement. Douze ans plus tard, le réseau de l'économie de communion rassemble plus de 800 entreprises sur plusieurs continents. Cabinet de dentiste, banque rurale, apiculture, fabrication de détergents, labo photos (une entreprise passée de 40 à 200 personnes en Italie), confection vestimentaire, architecture, commerce de luxe, équipement industriel, le phénomène touche des entreprises de toutes tailles dans tous les secteurs d'activités. Elles oeuvrent avec les mêmes lois du marché que les autres, avec de vrais concurrents... et elles font la démonstration qu'une autre vision de l'économie est possible.

En France, l'économie de communion a apporté des réponses aux questions qui hantaient François Neveux, un fabriquant de polymères (des fosses septiques, des toboggans, etc.) : « J'ai décidé de donner 20% de nos bénéfices, dit ce patron qui emploie une centaine de personnes. J'ai dû me battre contre moi-même pour accepter cette inspiration. Ce n'est pas donner l'argent qui m'a posé question; c'est le fait de prélever sur les bénéfices que j'investissais jusqu'alors dans l'entreprise. »

Cette formule transforme les rapports au travail. En Hongrie, un entrepreneur de bâtiments avait beaucoup impliqué ses ouvriers dans la vie de l'entreprise. Un jour, alors que celle-ci risquait la faillite à cause d'un énorme impayé, le personnel a proposé de faire des heures supplémentaires pour terminer plusieurs chantiers. Des clients ont aussi payé à l'avance des factures. ©EQm

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©N.C. Focolari
©N.C. Focolari
 
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