24-11-2017
 
 
SOMMAIRE

PETITS PRÊTS, GRANDS EFFETS

Avec de tous petits montants, le microcrédit sort des millions de personnes de la misère.

Hajeera Begum habite un village près de Dacca, la capitale du Bangladesh. La jeune femme a trois enfants, un mari aveugle, des conditions de vie sommaires. Les ménages qu'elle faisait pour s'en sortir il n'y a pas si longtemps rapportaient à peine de quoi survivre.

Un jour, la Banque Grameen a organisé une rencontre dans le village. Hajeera s'y est rendue en se demandant ce qu'une banque pouvait bien lui apporter d'autre que des ennuis. Elle ne l'a pas regretté. Avec quatre autres femmes, elle a formé un groupe d'emprunteuses et obtenu pour elle-même un prêt de 2 000 taka (environ 35 $US : un microcrédit.

Ce prêt lui a permis d'acheter un veau ainsi que du riz à vendre. À la fin du remboursement, à un taux d'intérêt supportable pour elle, Hajeera a demandé un deuxième prêt pour louer une terre, planter des bananiers et acheter un autre veau. Désormais ses affaires vont mieux : elle élève des canards, des poules et des chèvres; elle possède un champ. Ses enfants mangent à leur faim et vont à l'école. C'est sa fierté.

La Banque Grameen n'offre ses services qu'aux plus pauvres de la planète. En 1974, les théories économiques qu'enseignait Mohammad Yunus, professeur de l'Université de Chittagong, se sont heurtées à la réalité : une famine a tué des dizaines de milliers de Bangladais. M. Yunus a alors pris la décision de tout faire pour éradiquer la pauvreté. Il a mis au point les principes du microcrédit et fondé la Grameen. « Comment peut-on travailler dix heures par jour et mourir de faim ? se demandait le professeur. La pauvreté est avant tout un problème structurel : le manque de capital. Donnez du crédit aux plus pauvres, ils vont revenir à la vie. »

À l'encontre des idées reçues, le taux de remboursement des 2,5 millions d'emprunteurs de la Grameen oscille autour de 98%, un résultat bien supérieur à ce que connaissent les banques en Occident. Autre fait marquant : 90% des clients sont des femmes. Solidaires, responsables, elles investissent davantage que leur mari dans la famille, la nourriture, l'éducation. La moitié des clients de la Grameen sortent de l'indigence en cinq ans.

L'intérêt pour ce système est tel qu'en 1997 s'est tenu à Washington le premier Sommet sur le microcrédit, patronné par la Banque mondiale. Une centaine de pays ont proposé la création d'un mouvement international pour permettre à 100 millions des familles les plus pauvres au monde d'accéder à du crédit d'ici 2005 et de créer ainsi leur propre ressource de subsistance. Depuis, il existe aussi des projets de microcrédit dans de nombreux pays occidentaux©EQm

©Grameen Bank
 
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