26-09-2017
 
 
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LE TIBET (EXTRAIT)

Cet article a été commandé et écrit avant les événements qui se sont précipités ces derniers mois autour de la flamme olympique.

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Un peuple à la croisée des chemins, une société en pleine mutation ?

Ce n'est malheureusement pas un scoop, mais une réalité géopolitique et humaine. Depuis bientôt soixante ans le Tibet vit une fin programmée dans l'indifférence de la communauté internationale. Qu'en est-il aujourd'hui du peuple tibétain dans son pays et en exil ?

« Les ravages de l'invasion chinoise »

Le Tibet, on en parle, le silence n'est pas absolu. La personnalité de Sa Sainteté le Dalaï Lama, prix Nobel de la paix, inlassable pèlerin, a permis de faire découvrir au monde non seulement un pays à la culture plusieurs fois millénaire mais aussi et surtout dans quelles conditions les Tibétains vivent l'oppression et l'exil de nos jours.

C'est en 1959, après le soulèvement de Lhassa, dont la répression brutale fit plusieurs dizaines de milliers de morts, que le chef spirituel prit le chemin de l'exil et, qu'à sa suite et depuis cette date, le flux des exilés n'a pas cessé. N'a pas cessé non plus pour ceux qui sont restés dans leur patrie la privation des droits élémentaires à la liberté qui est l'apanage de tout être humain. Les Tibétains vivent l'oppression, privés du droit à la liberté de conscience, de celui de pratiquer leur religion. Empêchés d'exprimer leurs convictions, de montrer leur désir de retrouver un pays indépendant, ils sont aujourd'hui emprisonnés, torturés.

Plus d'un million et demi de morts à ce jour, des hommes, des femmes, des enfants emprisonnés, torturés parce qu'ils revendiquent leur droit à vivre librement leur identité, parce qu'ils manifestent leur respect et leur attachement à celui qui représente l'idéal de leur foi et de leurs croyances. Des dizaines d'années se sont écoulées mais la révolte et la peur continuent d'alimenter le flot de ceux qui fuient leur pays. Aujourd'hui encore, chaque année, environ trois mille d'entre eux, souvent au péril de leur vie, traversent montagnes et cols pour trouver ailleurs ce qu'ils ont perdu chez eux : leur dignité et leur liberté.

La sinisation est en marche : aujourd'hui ce sont plus de 7,5 millions de chinois pour six millions de tibétains. Des femmes avortées, stérilisées contre leur gré, l'obligation d'apprendre la langue chinoise au détriment du tibétain. Une quasi impossibilité d'accéder à des postes ou à des situations importantes car ceux-ci sont réservés aux seuls chinois. Des centaines de monastères détruits, quelques-uns reconstruits à des fins évidentes de propagande et de vitrine touristique.

Je pourrais poursuivre la longue énumération des méfaits de l'invasion chinoise : on pourrait alors me taxer de partialité et m'opposer que le Tibet d'avant celle-ci développait une structure sociale inéquitable, privilégiant les castes de la noblesse et du pouvoir religieux. On pourrait également considérer que ce pays du Toit du Monde, si longtemps isolé en raison de sa situation géographique particulière, pays aux conditions climatiques extrêmes, n'était pas un royaume aussi paradisiaque ni idéal qu'une certaine légende liée aux mystères des pratiques chamaniques a pû le faire croire. [...]

« Les contradictions de la vie sous l'occupation chinoise »

Les tibétains vivaient cette vie-là, inscrite dans une évolution en décalage certes avec le reste du monde, à l'écart de ce que nous appelons la modernité mais protégés des effets pervers que celle-ci a produits au cours des siècles.

Un peuple peut-il survivre dans un monde aux changements rapides et violents s'il subit son évolution au lieu d'en être le moteur ? Comment, soumis à une répression constante, ne pas avoir peur et vivre cette dichotomie permanente entre ce que l'on est et ce que l'oppresseur autorise à être. [...]

La jeune génération quant à elle,

celle qui n'a pas connu l'avant, parle chinois et prend possession de la nouvelle société de consommation mais y perd ses repères. Un de mes amis tibétains, réfugié et aujourd'hui citoyen français, m'a raconté son retour pour quelques semaines au Tibet. « Je ne reconnais plus ce qu'était mon pays, malgré mon passeport français j'ai dû bouger souvent, ne pas rester trop longtemps sous le même toit pour ne pas mettre mes hôtes en danger et puis c'est terrible mais ce n'est plus le thé tibétain qui m'était offert mais on me proposait du coca cola ! » Il n'a pu cette fois retourner dans son monastère. De quoi sera fait son prochain voyage ?

On peut imaginer sans risque de se tromper que dans une génération, les chinois auront atteint le but recherché et transformé les tibétains en une ethnie parmi d'autres. Ils pourront dire d'elle qu'ils l'ont aidée à accéder au modernisme et à une vie meilleure. [...]

Les jeunes tibétains que j'ai rencontrés ressemblent à tous ceux de mon entourage. Ils sont avides de découvrir, de connaître ce que le monde leur propose.

Ils font leurs choix et l'on peut se poser la question de savoir combien de temps encore le poids de leur identité culturelle pourra contrebalancer la mondialisation à laquelle nulle nation ne semble pouvoir échapper.

Le « Toit du Monde » perd de sa pureté légendaire,

il subit les effets nocifs de la culture de la globalisation. Le Tibet meurt de la capacité qu'ont les hommes à en asservir d'autres, il meurt de notre indifférence. Mais les tibétains de demain, grâce à une grande adaptabilité, une très forte volonté d'apprendre et de travailler portent en eux l'espoir d'accéder aux postes clés de la société future dans un pays qui deviendra le leur. ©EQm

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©M.-F.Garaude-Pasty
Marie-France Garaude-Pasty
©M.-F.Garaude-Pasty
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Entre tradition et modernité
 

Marie-France Garaude-Pasty, journaliste et voyageuse a fait de sa rencontre avec les autres sa priorité. Son engagement dans la recherche intérieure l'a conduite de façon naturelle à offrir ce qui lui a été donné. Elle est Présidente de l'Association Tsowa-Maintenir la vie : née de la nécessité pour nous d'aider ceux parmi les peuples du monde qui sont privés de liberté. L'actualité malheureusement vient justifier notre action en faveur des Tibétains.
Si vous souhaitez venir à notre rencontre http://www.tsowa.fr

 
 
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