24-11-2017
 
 
DU CŒUR À L'OUVRAGE

HÉLÈNE MARCEAU : DES GESTES QUI PARLENT

Hélène Marceau a inventé une expression : la tricothérapie. Comme des centaines de grands-mamans, elle en a largement bénéficié.

C'est un petit peu étrange de parler ainsi, mais Hélène Marceau n'hésite pas une seconde : oui, l'accident cérébro-vasculaire (ACV) qu'elle a fait en février 2005 est bien une des bonnes choses qui lui soit arrivée dans la vie. L'accident l'a frappée alors qu'elle mettait la dernière main à un article pour présenter l'extraordinaire aventure de générosité qu'elle menait avec 140 grands-mamans et des jeunes du secondaire, un réseau de tricoteurs et tricoteuses qui tissent un fil d'entraide intercontinentale et intergénérationnelle par le tricot.

Depuis, les grands-mamans ne sont plus 140 mais 240 et surtout, Hélène Marceau dispose de tout son temps pour recevoir des dons de laine, distribuer des sacs de pelotes, trier ou empaqueter des centaines de vêtements de bébé, de couvertures pour des prisonniers d'Afrique, vêtements de neige pour des orphelins de Roumanie, enfants de tous les âges du Honduras, Pologne, Niger... Une preuve, s'il en fallait une, qu'il faut bien peu de chose pour mettre « du cœur à l'ouvrage », même en congé de maladie.

« Mais qui êtes-vous donc ? » lui demandaient les infirmières de Villa Medica, où Hélène Marceau a traversé en quelques semaines une rééducation fulgurante. Elle a reçu bon nombre de cartes et de lettres, et dû refuser de trop nombreuses visites, des appels...

Ni star ni vedette : Hélène Marceau œuvre bien humblement depuis 1989 comme secrétaire médicale à l'Hôpital Saint-Luc, à la Direction des soins infirmiers du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM). Un travail de logistique et de coordination pour assurer que les infirmières et les stagiaires disposent de tous les outils et les sessions de formation dont elles ont besoin pour mener à bien leur travail. « La tâche est sans cesse plus grande, explique Hélène, mais heureusement l'atmosphère de travail dans notre service est excellente. »

Tous ses collègues ont su, peu ou prou, ses nombreuses années d'implications dans le monde de la catéchèse, les messes familiales, son rendez-vous chaque semaine avec les petits malades de Sainte-Justine, et bien entendu son réseau de grands-mamans tricoteuses : « Pas besoin de rien claironner, les gens nous voient bien aller », résume la célibataire dans la cinquantaine. C'est le témoignage de l'action : la vie qui traverse les projets parlait suffisamment fort pour toucher les cœurs.

« C'est notre attitude qui fait que les gens se posent des questions sur les valeurs profondes qui nous animent », résume Hélène Marceau. Bien des parents ou des personnes seules ont dû y penser quand elle leur disait qu'elle n'avait pas d'enfant à elle, c'est vrai, mais qu'elle avait tous ceux des autres à l'hôpital Sainte-Justine.

« C'est quand je suis faible que je suis fort » : parole de St-Paul aussi vécue par Hélène, car fragilisée par l'ACV, pour quelques années ou peut-être jusqu'à la retraite, la secrétaire médicale ne s'est pas pour autant repliée sur elle-même. Elle a fait de ses limites autant d'occasions de témoigner que le partage multiplie. « La Vie prend soin de chacun pourvu qu'on ose la vivre généreusement et que l'on met les « bonnes lunettes » pour voir la Vie qui passe. Je n'ai pas de voiture, je ne conduis pas, je n'ai pas de moyens, je dois plus que jamais tenir compte de mes énergies... mais je dispose désormais d'un réseau de volontaires qui vont chercher ou distribuer des dons de laine aux quatre coins de Montréal, Laval, Rive-Sud... » Il ne lui a même pas fallu une semaine pour recevoir des dons de laine en provenance du Saguenay-Lac Saint-Jean, sans bouger de chez elle ! Poste Canada a même acheminé par courrier des dons de laines merveilleux venant de Gaspé, Trois-Rivières, Drummondville, etc.

Pour l'heure, Hélène Marceau contemple souvent, avec une infinie patience, les dizaines de sacs de tricots et de couvertures destinés au village de lépreux de Niamey, au Niger. Elle attend le bon samaritain qui trouvera le moyen de les envoyer. « Seigneur, tu as donné la laine, les tricoteuses, les taxis pour rassembler les sacs. J'ai fait ma job, finis la tienne ! », dit-elle dans sa prière... ©EQm

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Pour en savoir plus : helene.marceau072@sympatico.ca

©H.M.
Hélène Marceau
 
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