26-09-2017
 
 
DU CŒUR À L'OUVRAGE

MARCELA VILLALOBOS CID : DU CHIAPAS AU CENTRE-SUD

Marcela Villalobos Cid a quitté son Mexique natal et des projets d'avocate pour œuvrer à la pastorale sociale d'un quartier pauvre de Montréal, au Québec.

« Un peuple qui efface son histoire est un peuple qui risque de mourir ». Marcela Villalobos Cid n'y va pas par quatre chemins pour exprimer son inquiétude en voyant comment le Québec renie peu à peu ses origines chrétiennes. Arrivée il y a trois ans et demi du Mexique (pour quelques semaines, normalement !), la jeune femme de 27 ans a si rapidement trouvé sa place qu'elle oeuvre désormais comme agente de pastorale sociale dans le quartier Centre Sud. Un travail taillé sur mesure pour cette avocate qui cherchait comment concilier sa foi, son goût pour la justice sociale, les droits de la personne, l'engagement auprès des pauvres et le développement communautaire.
Après ses études de droit, la jeune Mexicaine a œuvré quelques temps au Sud du Mexique. « être pour servir » : elle a expérimenté la devise des frères maristes en travaillant avec eux. Une manière de découvrir que les pauvres ne sont pas si différents de nous : « Il n'y a pas de mascarade possible avec eux, dit-elle. Notre visage devient plus vrai, parce qu'ils sont le reflet du visage du Christ ». La simplicité de vie qu'elle a connue au Chiapas et Oaxaca lui a permis de saisir une des grandes vérités que lui enseignaient son père et sa mère : la pauvreté est essentiellement le fruit d'un système économique injuste.
C'est sa famille qui lui a ensuite payé le billet d'avion pour Montréal, afin de lui permettre de faire un grand voyage avant sa carrière tout en apprenant les langues. Marcela a donc appris l'anglais et le français. Elle a aussi travaillé pendant un an avec des immigrants latinos qui tentaient leur chance au Canada pour faire vivre leur famille au pays. « J'ai appris avec eux ce que cela signifie se faire exploiter », dit-elle.
Mais vite, elle a découvert des milieux dans lesquels tracer son chemin : la Bande FM, où elle vit maintenant et qui lui a permis de rencontrer des jeunes croyants francophones, et l'université Concordia où elle a côtoyé la jeunesse multiethnique et multireligieuse de Montréal tout en poursuivant ses études en Développement économique communautaire.

Depuis janvier dernier, Marcela travaille dans le quartier Centre-Sud de Montréal, où elle essaye de tisser des ponts entre les organismes communautaires et les communautés chrétiennes. Un quadrilatère compris entre le fleuve, la rue Sherbrooke, la rue Saint-Laurent et la voie ferrée d'Hochelaga-Maisonneuve. « Mon rôle, c'est d'être présente, de leur dire : comment peut-on vous aider ? » les responsables d'organismes communautaires s'étonnent parfois de voir cette jeune femme venir offrir les services de l'église. « Nous étions les seuls à répondre à un appel d'équiterre », se rappelle-t-elle. Certains se demandent parfois ce que des Chrétiens viennent faire dans le communautaire, mais ils comprennent vite la détermination et la capacité d'action de la jeune femme : « Mon rôle est d'inciter les communautés chrétiennes à s'impliquer dans les enjeux sociaux de leur quartier; ou d'aider les bénévoles super-actifs à trouver comment s'arrêter pour ne pas oublier au nom de Qui ils ne comptent plus leurs heures... Car sans prière, on s'épuise ».
Marcela avec deux bons amis ont notamment mis sur pied les rencontres du mercredi : un café rencontre avec les itinérants de la Maison du Père. « Nos invités sont là comme un outil, résume-t-elle, pour dire aux itinérants qu'ils comptent dans la société ».
Marcela n'a pas le sentiment de faire une job de travailleuse sociale : « Il y a quelque chose de plus, dit-elle, c'est que je le fais au nom de ma foi. Sans elle, je ferais une tâche. Mais avec elle, j'ai le sentiment de poser une petite brique pour le Royaume de Dieu. Comme Chrétiens, nous savons que tout ne repose pas sur nos épaules : l'avenir ne nous appartient pas, il est au Christ ». D'ailleurs, dit-elle, pas besoin de partir au bout du monde pour annoncer une Bonne nouvelle : « Des pauvres, des BS, des chômeurs, des monoparentaux, des décrocheurs, des analphabètes, des toxicomanes, des itinérants, des prostitués... tout est là dans Centre Sud pour qui a l'esprit missionnaire ! »

©M.V.C.
Marcela Villalobos Cid
 
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