22-11-2017
 
 
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J'AI ÉLEVÉ 5 ENFANTS SUR L'EAU...

ENTOURÉE D'EAU

J'ai grandi dans une famille tahitienne sur une petite île de 120 km de circonférence et 2 400 mètres de haut, posée comme une tête d'épingle au milieu de l'Océan Pacifique, à 9 000 km d'eau de Los Angeles, 5 000 km de la Nouvelle Zélande, 7 000 km du Chili, 20 000 km de la France. En ce temps-là il n'y avait pas d'avions, très peu de bateaux de commerce. À cette époque accostaient dans cette île de Tahiti des voiliers chargés de père, mère et enfants, ils étaient nos roulottes, nos Bohémiens et Gitans, nos gens du voyage. Aussi méprisés que ceux qui parcouraient les routes de la France si lointaine. Des gens sans foi ni loi, peut-être même des voleurs, disaient les européens bien pensants venus ramasser le maximum de sous dans nos îles coloniales. Des gens pas comme les autres, avec leurs enfants qui n'allaient pas à l'école comme tout le monde, bien trop dégourdis pour être tout-à-fait honnêtes ! Du quai de cailloux de Papeete, nous contemplions leur lessive qui séchait au soleil, nous essayions de voir ce qu'il y avait à l'intérieur des bateaux, exactement comme si nous avions plongé la tête par la fenêtre d'une habitation sans demander la permission ! Aussi loin que je remonte dans l'enfance, ces gens me fascinaient. Ils avaient exactement tout ce dont je rêvais : la possibilité de partir, de quitter cette prison qu'est une île au milieu de l'Océan, de se déplacer gratuitement, avec du vent, sur l'eau immense qui couvre notre planète... la possibilité de découvrir le monde, d'aller comme un poisson, comme un oiseau dans tous les pays du monde. Je ne rêvais que de partir, partir seule au bout du monde qui n'avait pas de bout puisque la terre est ronde. L'eau était le lien, le moyen, la route, la voie vers la liberté, vers la connaissance. C'est elle qui me permit dès l'âge de quatorze ans, dotée d'une bourse d'études, de me rendre en France en 48 jours sur un cargo mixte. L'Aventure ne faisait que commencer !

LE PREMIER VOILIER

Après mes études et quelques années de travail, c'est très naturellement que j'entrepris de construire un voilier qui serait ma maison pour y élever et éduquer mes enfants. Le voilier de 9.33 m le moins cher du monde, en acier, était construit à Dokkum, au Nord des Pays Bas. Qu'à cela ne tienne, il suffisait de s'y rendre ! Et c'est encore par l'eau, mer, canaux, rivières et fleuves que je traversai l'Europe pour me rendre en Méditerranée où allait naître ma première fille. Si les uns me regardaient encore comme on regarde les gens du voyage, les autres voyaient là une aventure extraordinaire, un courage admirable pour quitter le confort de la civilisation (que je n'avais presque jamais connu !) afin de se rendre dans des pays sauvages et inconnus (où j'avais grandi !). Car au moment où, à mes yeux, j'embarquai vers la civilisation, la mode, en Occident, était de la quitter ! Quand j'appréciai le confort d'un réchaud à pétrole, mes amis navigateurs rêvaient du feu de bois sur une plage avec la fumée qui brûle les yeux et les moustiques !

Je compris alors que l'eau, pour moi, était le moyen d'aller découvrir les cultures les plus avancées tandis que mes copains faisaient le chemin inverse. Au milieu de l'Océan, à deux ou trois semaines de la première terre, ils se sentaient isolés, alors que je me sentais au contraire très reliée. J'éprouvais une joie immense à palper l'eau en me disant que cette eau touchait en permanence toutes les côtes de la planète, qu'en plongeant la main dans le liquide chaud des tropiques, je touchais la Chine, les Amériques, l'Europe, l'Australie ! à portée de main et de vent ! Que l'air que je respirais et qui tourne sans cesse autour de la terre était chargé des émotions, des peines et des joies, des souffrances et des bonheurs de tout ce qui respire ou vit sur cette terre ! L'eau était le lien planétaire.

« MÈRE NOURRICIÈRE, MÈRE MEURTRIÈRE »

L'eau était aussi pourvoyeuse d'aliments. Réservoir immense de poissons et crustacés, il suffisait de pêcher pour se nourrir. Véritable liquide amniotique qui nourrit tout ce qu'elle porte en son sein, l'eau de mer nourrit le corps au travers de notre épiderme.

Mère nourricière, elle est aussi mère meurtrière ! Car nous ne pouvons boire que de l'eau douce. Alors imaginez le soin que nous apportions à la qualité de nos réservoirs d'eau ainsi qu'à leur utilisation. La famille grandissant (j'ai eu jusqu'à cinq enfants sur l'eau !), pas question de se brosser les dents à l'eau douce ni de se laver le corps ou les cheveux avec le précieux breuvage ! Et quelle félicité lorsque l'orage apporte une pluie diluvienne ! Tout le monde est sur le pont pour la douche d'eau si douce ! On remplit les seaux, les cuvettes, les bidons !

Mère meurtrière aussi lorsque la mer se soulève en vagues géantes avec des creux de dix à douze mètres, accompagnées des foudres du ciel ! Cela nous est arrivé maintes fois en 22 années de navigation ! Je me souviens d'un cyclone au large Est des Philippines : j'avais ôté tout ce qui était sur le pont de ce voilier de 12 mètres : voiles, canot de survie, etc. Les vents de 300 km/h arrachaient les crêtes des vagues qui volaient à l'horizontale. La mer était plate. Pour nous entendre, dans le bateau, il fallait mettre les mains en entonnoir et hurler. « C'est dangereux maman ? » « Non ! Pas du tout ! Vous pouvez dormir tranquilles » Tu parles ! Je venais de passer en secret un contrat avec le Bon Dieu ! « Mon Dieu, si nous sommes utiles à l'humanité sur cette planète, épargnez-nous ! Si nous sommes inutiles, faites ce que vous voulez ! » Sauf qu'après il faut tenir ses promesses !

Car la mer tue beaucoup ! Elle tue tous les ans des milliers de gens ! Le tsunami nous a rappelés à son bon souvenir !

Comme tout ce qui existe sur cette terre, vie et mort sont indissociables. Vie et mort sont toujours côte à côte. Comme amour et haine, comme jour et nuit. à nous de faire en sorte que la vie se maintienne, en respectant les lois que nous impose la nature. Un tout petit réchauffement de la mer, c'est tout le plancton qui meurt et à sa suite tout ce qui vit dans l'eau du plus petit au plus grand !

L'EAU QUI SOIGNE

La vie de bateau est une vie strictement soumise aux lois de la nature. Une vie qui demande une énergie maximale tant au plan intellectuel, philosophique que physique. Un pipi de bébé sur le pont exige de plonger un seau dans l'eau, ce qui signifie soulever sur une hauteur de plusieurs mètres dix kilos au moins, du bout des doigts. Voilà comment à 33 ans, je me suis vue les doigts gonflés et rouges d'arthrite. Je consultai trois médecins qui me prescrivirent des anti-inflammatoires que je ne pris pas car j'allaitais mon troisième bébé ! Mais c'était encore l'eau qui allait me sauver du désastre !

Un ami américain de passage me raconta qu'il avait une copine canadienne qui avait eu le même problème que moi. Qu'elle était danseuse étoile et que ses mains et ses pieds étaient aussi mal en point que mes mains. Elle avait utilisé une méthode très simple pour faire disparaître ce problème. « Tu prends un seau d'eau de mer et avec un gant de toilette tu te rafraîchis le périnée et les plis de l'aine durant une demi-heure deux fois par jour. Il paraît que cela nettoie le corps ! » à part le ridicule qui n'a jamais tué personne, je ne risquais rien à essayer. Et voilà exactement comment en huit jours tous les symptômes disparurent. Je venais de découvrir le Bain dérivatif !

Cela fait maintenant 32 ans que je le pratique, 18 ans que je travaille à des études sérieuses sur cette technique que j'ai beaucoup simplifiée sans rien perdre de son efficacité.

Et je pense très sincèrement que la promesse faite au Bon Dieu lors du cyclone à l'Est des Philippines consiste à faire connaître cette technique gratuite et efficace à tous ceux qui en ont besoin, à faire entendre qu'il n'est pas nécessaire d'être riche pour se maintenir en bon état de fonctionnement ! Voilà qui ne peut nous apporter à tous qu'une belle sérénité ! ©EQm

©F.Guillain
France Guillain
©F.Guillain
 

France Guillain
Auteur de plus de 50 livres.
Organise stages et conférences.
Site : www.bainsderivatifs.fr
Pour tout ce qui concerne le Bain dérivatif, merci de ne m'écrire QUE sur bainderivatif@aol.com par un courrier de 3 lignes contenant qu'une seule question.
Tél. : 0(033) 6 22 73 27 23 (13 à 19h)

 
 
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