26-09-2017
 
 
SOMMAIRE

UN DES QUATRE ÉLÉMENTS

L'eau est avant tout ce lieu sacré ou la vie et la mort s'affrontent.

DES APPROCHES SI DIFFÉRENTES DE L'EAU

Dans l'eau putride du Gange sacré, le fidèle hindou se purifie d'une vie de péché. Le ruissellement baptismal sur le front du tout petit enfant signifie pour le chrétien la Pâques : le passage de la mort à la Vie. Pour d'autres peuples, il en est tout autrement. Nous faisions le père Y. et moi-même une marche de reconnaissance en vue de la première fondation de notre Communauté dans la forêt amazonienne du Pérou au delà de Masiapo. Il pleuvait comme à l'habitude. Nous avancions, couverts du carré de plastic qui sert d'imperméable aux Quetchuas, dans la boue des chemins étroits tracés par les pieds des hommes et les sabots des mules. Mal chaussés, mes pieds ne tardèrent pas à s'enflammer. Ce soir là nous avons dormi tout habillés, tête-bêche, sur une table de cuisine que le menuisier qui nous avait donné l'hospitalité était en train d'achever. Seulement un paravent de bambou nous séparait de sa famille. Ses poules nous réveillèrent en sautant sur notre poitrine avant le matin. Après la seconde journée de marche, à l'évidence, il fallait s'occuper de mes pieds endoloris. Lorsque j'ai demandé de l'eau à mon hôte pour les laver, j'ai vite perçu que j'étais dans une autre culture, qu'ici le rapport à l'eau était différent. Ma demande paraissait incongrue. Est-ce parce que l'eau des fleuves de la forêt est si violente que l'approcher signifie la mort, est-ce parce se laver sur l'Altiplano évoque le coup de froid fatal ? En tout cas la culture andine a de l'eau une image morbide. Difficile alors d'y annoncer les vertus du baptême... D'ailleurs les plaies de mes pieds s'infectèrent dangereusement !!!... Le matin il me fut difficile d'enfiler mes chaussures pour reprendre la marche.

UN VERRE D'EAU OFFERT, UNE VIE MULTIPLIÉE

Pourtant très tôt l'Ancien Testament mettra en valeur les différents aspects de l'eau qui introduisent son rôle si important dans la Rédemption que nous apporte le Christ. Il témoigne d'une eau porteuse de vie.

L'eau que fit amener Abraham à ses illustres visiteurs sous le Chêne de Mambré pour qu'ils se lavent les pieds lui valut la fécondité de Sarah.

C'est autour d'un puits que le serviteur d'Abraham fut conduit par Dieu à Rébecca : c'est celle qui allait lui donner à boire ainsi qu'à ses chameaux qui deviendrait l'épouse d'Isaac, le fils de son maître. Au moment où Rebecca quitte la maison de son père ses frères la bénissent ainsi : « Notre sœur, ô toi, devient des milliers de myriades ! »

NOUS AVONS TROUVÉ L'EAU !

« Dans l'allégresse vous puiserez les eaux aux sources du salut »

Isaïe 12. 3.

Cette joie du Royaume, limpide, comme une eau est anticipée dans bien des récits bibliques traitant de l'accès au précieux liquide.

« Mais Yahvé ton Dieu te conduit vers un heureux pays, pays de cours d'eau, de sources qui sourdent de l'abîme dans les vallées comme dans les montagnes »

Deut. 8. 7.

Nous ressentons fortement ce bonheur lorsque nous approchons les pays arides du Sahel.

« Nous avons trouvé l'eau ! » rapportèrent les serviteurs d'Isaac qui creusaient le puits de Rehobot. Isaac put enfin s'établir à proximité de ce puits pour continuer de prospérer après les querelles qui avaient opposé ses bergers avec ceux de Gerar à propos des puits d'Eseq et de Sitna. Pourtant les bergers d'Isaac n'avaient fait que réhabiliter les puits qu'Abraham avait creusés et qui avaient été bouchés par les Philistins !

À LA RECHERCHE DE L'EAU VIVE DE L'ÉTERNITÉ

Cette bénédiction de l'eau le Seigneur la promet à son peuple, son élu, à son peuple de pauvres alors même qu'il traverse les vallées de la soif, figure de la mort.

« Les miséreux et les pauvres cherchent de l'eau, et rien ! Leur langue est desséchée par la soif. Moi, Yahvé, je les exaucerai, Dieu d'Israël, je ne les abandonnerai pas ».

Isaïe 41. 17.

Bien que le peuple se rebelle au cours des 40 ans d'exode dans le désert, Dieu lui manifeste sa Sainteté en lui offrant l'eau abondante du Rocher.

Enfin au temps où le Salut sera offert aux pécheurs par la Croix, l'eau et le sang sortiront du côté ouvert du « Rocher » sur lequel nous pouvons édifier la construction d'une vie entière qu'aucune tempête n'ébranlera.

L'eau que Dieu donne aux pauvres, celle de la terre et l'eau vive de l'éternité, qui guérit du péché, le Seigneur nous invite à la partager : elle ne tarira point. Grâce à elle, d'autres espèces d'arbres grandiront comme ceux qui donnent fruits sur les berges du Fleuve qui sort de la Porte du Temple.

« Quiconque donnera à boire à l'un de ces petits rien qu'un verre d'eau fraîche, parce qu'il est mon disciple, en vérité je vous le dis, il ne perdra pas sa récompense ».

Saint Matthieu 10. 42.

Le pauvre Lazare lui même malgré le mépris dont il avait été abreuvé durant sa vie misérable par les puissants était disposé à soulager le riche qui s'asséchait dans la géhenne de feu. Un doigt trempé dans l'eau ne coûte pas à celui qui s'abreuve aux sources d'eaux vives.

Il n'y fut pas autorisé... Seulement pour ceux qui ont eu faim et soif de justice la promesse peut s'accomplir :

« L'Esprit et l'épouse disent : Viens ! Que celui qui entend dise : Viens ! Et que l'homme assoiffé s'approche, que l'homme de désir reçoive l'eau de la vie, gratuitement ».

Apocalypse 22. 17.

 ©EQm

©P.Pingault
©P.Pingault
 

Fondateur du Pain de Vie, Pascal Pingault est père de huit enfants. Auteur et conférencier, il témoigne dans plusieurs pays de son choix de vivre « pauvre avec les pauvres ». D'origine française, il a fait d'un village de lépreux au Niger sa terre d'adoption.

 
 

PUISONS MAINTENANT AUX SOURCES DE NOTRE CULTURE CHRÉTIENNE
Une terre vague et vide couverte de ténèbres, la surface des eaux agitées par le vent divin : voici le chaos qui précède la Création. Dieu intervient pour ordonner ce tohu-bohu, une première Pentecôte ! Dieu dit et il en fut ainsi : « Qu'il y ait un firmament au milieu des eaux et qu'il sépare les eaux d'avec les eaux ».
Puis Il créa la terre ferme et les eaux qu'Il nomma mers.
La voûte qu'il avait posée comme une tente dans le ciel pouvait encore par ses larges ouvertures laisser passer la fureur de eaux. La mémoire collective du Déluge et l'expérience des tsunami d'aujourd'hui nous font parfois encore douter de la promesse de Dieu malgré l'arc-en-ciel signe de son alliance. La terre ferme ne sera-t-elle plus jamais recouverte d'eau ? La colombe pourra t-elle toujours y poser ses pattes et ramener le bâton d'olivier signe que le courroux de Dieu est apaisé ?
Cette eau mélangée aux ténèbres d'avant l'intervention de Dieu, cette eau exterminatrice du Déluge, ne sera finalement délivrée des puissances du Mal que par le Baptême du Christ Sauveur.
 

 
 

l'EAU DE LA VIERGE QUI GUÉRIT
À Niamey au Niger, derrière le fleuve, là où s'est implantée la Maison du Pain de vie, tout le monde nous certifiait qu'il était vain de creuser un puits pour tenter de trouver l'eau. Dans ce pays de poussière et de vent, nous avons pourtant été conduits par Dieu à appeler cette fraternité le Puits de Jacob. La décision de creuser fut prise un samedi, elle fut confirmée le soir même : au cours de la prière, les enfants du Pain de vie à Valenciennes avaient médité sur la Samaritaine au Puits de Jacob et prié pour ce projet jugé fou d'un puits à Harubanda.
C'est un 8 décembre, en la fête de la Ste Vierge, que le puisatier a enfin trouvé l'eau. Il est vrai que maintes fois nous avions jeté des médailles dans le puit... La veille, nous avions invité une femme touareg du groupe de mendiants que nous soutenons à venir nous rejoindre, car son bébé était vraiment mal en point. Noémi, notre fille, pleurait pensant logiquement qu'il allait mourir. Nous avons fait se doucher la maman et baigner le petit pour les réhydrater. Nous avons nourri la maman. Et ce jour là, en grande partie par la vertu de l'eau, la maman a pu reprendre l'allaitement.
 

©P.Pingault
L'enfant touareg
aujourd'hui.
 
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