22-11-2017
 
 
SOMMAIRE

GUERRES DE L'EAU : INTOX OU INFO ? (EXTRAIT)

Procurez-vous le reportage complet et ses explications en vous abonnant à En Quête.

Certains prédisent que l'eau pourrait devenir un déclencheur de conflits du XXIème siècle au même titre que le pétrole. Pessimisme ou réalisme ?

EQM a fait appel à Luc Descroix, hydrologue à l'Institut de Recherche pour le Développement et co-auteur avec Frédéric Lasserre de Eaux et territoires. Tensions, coopérations et géopolitique de l'eau. Actuellement en poste au Niger, il s'investit dans un programme de recherche pour démêler les raisons des sécheresses récurrentes au Sahel.

©L.Descroix

En Quête : Les ressources en eau s'avèrent très inégalement réparties sur notre planète. Cette disparité peut-elle entraîner des conflits de l'eau ?
Luc Descroix
 : En réalité l'eau douce est abondante sur terre. En 1999, les ressources s'élevaient à 6700 m3 par an et par habitant à l'échelle de la planète. Or, le seuil de contrainte n'est que de 1700 m3/an/hab, le seuil de pénurie relative de 1000 m3 et de pénurie absolue de 500  m3. Mais ces ressources en eau, surabondantes dans certaines parties du globe, font défaut dans d'autres. Si la question est : ces inégalités peuvent-elles déclencher des conflits ? Alors, clairement : oui ! Ces conflits ont déjà abouti à des interventions armées. Entre 1964 et 1969, plusieurs incidents violents aux frontières ont opposé Israël à ses voisins immédiats. Israël a aussi bombardé à plusieurs reprises des travaux en Syrie et en Jordanie qui visaient à utiliser l'eau du Jourdain et pouvaient donc diminuer ses ressources (pas au-delà cependant de ce qu'autorisaient les traités internationaux). Au Sud Soudan, des travaux cherchaient à couper un méandre du Nil par un grand canal qui aurait permis d'économiser 10 ou 20 milliards de m3/an en évitant à l'eau de s'évaporer dans des marais. Un travail monumental. Des avions non immatriculés sont venus bombarder l'ouvrage que réalisait une entreprise française. Les travaux ont dû être arrêtés. Dans ces conflits, il s'agit de s'assurer l'accès à une grande quantité d'eau.

EQM : Ces conflits peuvent-ils dégénérer en véritables guerres à l'avenir ?
L. Descroix
: Les conflits armés engendrés par la question de l'eau sont restés très ponctuels dans toute l'histoire. D'ailleurs, il n'y en a plus depuis 40 ans. Je fais partie de la tendance qui pense que des conflits et des tensions peuvent survenir, mais que nous n'aurons probablement pas de graves guerres de l'eau. On a souvent dit que la Guerre des Six Jours avait été une guerre hydropolitique. Une chose est vraie : au Proche Orient, l'eau est un des sujets de tension maximale. De là à affirmer que c'est la cause majeure de la guerre... c'est aller vite en besogne ! à mon avis, le problème de l'eau a été sur-médiatisé du côté israélien tout comme, dans une moindre mesure, du côté des pays arabes. Il ne s'agissait en fait que d'un prétexte. F. Lasserre cite d'ailleurs un haut-gradé israélien ayant participé à la planification des guerres de 1967 et 1982 : « Pourquoi partir en guerre pour de l'eau ? Pour le coût d'une semaine de combat, on peut s'acheter cinq usines de dessalement. Pas de perte de vie, pas de pression internationale, et un approvisionnement fiable qu'il ne sera pas nécessaire de défendre en territoire hostile ». Pour preuve, satisfaire les besoins en eau d'Israël, de la Jordanie et des territoires occupés impliquerait des investissements de l'ordre de 10 milliards de dollars. Si on les compare aux 430 milliards dépensés, uniquement du côté arabe, durant la première guerre du golfe... un rapport de 1 à 43, c'est assez parlant ! Question de choix politiques plutôt que de pénuries réelles... [...] ©EQm

Procurez-vous le reportage complet et ses explications en vous abonnant à En Quête.

©P.Pingault
Brousse sèche du Niger
©P.Pingault
Lac de Patagonie
 
Accueil Copyright S'abonner Nous contacter